Visuel Ukraine Le Conseil d’administration de BiblioPat tient, comme d’autres associations professionnelles l’ont fait, à manifester son soutien au peuple ukrainien qui subit la guerre actuelle.

 

Au-delà des drames humains qui se jouent, nous souhaitons aborder trois points.

Les bombardements détruisent des bibliothèques et des établissements patrimoniaux. Le Monde publiait samedi 26 mars la photo de la bibliothèque de Tchernihiv ; Archimag témoignait le 29 mars d’un incendie sur des archives relatives à la répression soviétique conservées dans un bâtiment des services de renseignement de la même ville ;  l’association des bibliothécaires d’Ukraine recense les destructions de bibliothèques.
Rappelons que le droit international, et notamment la Convention de La Haye de 1954, exige que des mesures soient prises par les belligérants pour protéger les biens culturels, protection qui fait partie des enjeux humanitaires.

Comme lors de tout conflit, mais d’autant plus quand une dictature est partie prenante, la liberté de l’information est un enjeu clé, et les bibliothèques, des pays en guerre mais aussi ailleurs dans le monde, font partie de la réponse. Comme le rappelle l’ABF dans son communiqué du 18 mars, « en réponse à l'appel lancé par l'association des bibliothèques ukrainiennes, EBLIDA, NAPLE et le programme “Bibliothèques publiques 2030” exhortent les bibliothèques de toute l'Europe à se mobiliser en faveur d'une information précise à diffuser sur le conflit comme moyen de soutenir la démocratie et la liberté d'expression. » BiblioPat s’associe à cet appel.

Enfin, nous ne pouvons que constater le rôle prépondérant pris par l’histoire dans ce conflit, et notamment l’usage détourné qu’en fait Vladimir Poutine, comme le montrent son discours à la télévision russe le 21 février, dans lequel il développait sa vision de l'histoire commune de l'Ukraine et de la Russie, ou le long article mis en ligne le 12 juillet 2021 sur le site internet du Kremlin sous le titre « Sur l’unité historique des Russes et des Ukrainiens ». Nous, professionnels du patrimoine et des sources, nous élevons contre ces visions simplistes et à visée de propagande d’une histoire dont la complexité fait la richesse et appelons à favoriser et valoriser la variété de la production historique.

Des initiatives ont été lancées pour collecter du matériel de conservation, accueillir des professionnels de la culture (programme Pause), conserver des œuvres déplacées par le conflit, développer des bibliothèques pour les réfugié.e.s, aider à la numérisation des œuvres, lutter contre les trafics illicites... Nous tenons à remercier les associations, organisations, collectivités et collègues qui s’engagent dans ces voies et tâchons de relayer leurs actions sur le compte twitter de l’association. N’hésitez pas à nous les faire connaître.
Collectes d’archives témoignant des événements, déplacement d’œuvres, de manuscrits, protection in situ de la statuaire urbaine par des sacs de sables ou des bâches, programme SUCHO de sauvegarde du patrimoine numérique : saluons aussi la résilience de nos collègues en Ukraine qui, au cœur du conflit, ont déjà mis en place des actions.

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